Fiches pédagogiques

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La musique des habitations

Par Mme Nastasi-Guimese

La musique caraïbe est une musique de métissage.

La musique de plein air:

Le bèlè  est un genre musical  mené par un chanteur mais dans lequel un dialogue s'instaure entre les danseurs et le tanbouyé (c'est-à-dire le tambour).C'est dans les campagnes que s'est le mieux conservé le patrimoine culturel antillais.

Le chanteur est entouré de répondeurs et d'un joueur de ti bwa, un dialogue s'instaure entre danseurs et joueur de tambour (tambour bilé).

Dans le bèlè (bel air) le rythme est donné par le joueur de ti bwa (baguette de bois séchées). Son origine pourrait être le Dahomey. On  re trouve une rythmique (ostinato) encore en usage dans ke peuple Minas.

Le bèlè se compose de plusieurs musiques:

- les bèlè de travail (fouyé tè ; rédi bwa ; teraj kay ; coupé kan-n, mazon-n ; gran son)

- de divertissement (bèlè, gran bèlè, bélia, danmyé, ladja)

- pour les veillées mortuaires (bénézuel etc.) et les danses  (mango, woulé etc.).

Ces musiques se jouent à des moments bien précis, elles rythment les moments clés de la journée.

a .le bélé de travail

mazon : 2  conques de lambi + tambour + ti bwa + 1 soliste

gran son : conques de lambi + tambour + ti bwa + 2 solistes

Les champs étant éloignés la musique servait à indiquer le travail à faire mais aussi à imprimer un rythme. On chantait le gran son en retournant la terre. Les coups de houe étaient données en rythme grâce aux kon'lanbi (conques de lambi).Lorsque l'on traçait les sillons on chantait le mazon-n.

En plus de rythmer le travail, les chants servaient aussi à raconter l'histoire de l'ïle, donnait des informations sur la vie locale, permettait de se moquer des maîtres, de plaindre un camarade en butte à la violence d'un contremaître etc.

b. le bélé de divertissement

Il servait pour se divertir après la journée de travail notamment pour danser:

Le danmyé : c'est une forme douce de la danse interdite appelée ladja. Le ladja était une danse de combat accompagnée de tambour, ti-bwa et chant. L'Eglise catholique dans sa lutte contre les traditions des esclaves fraîchement christianisés en obtint l'interdiction (les tambours servaient aussi à communiquer avec les esprits en Afrique).

Les différences entre îles (gwoka en Guadeloupe, bèlè en Martinique etc.) sont dues aux origines différentes des esclaves (Ghana et Sénégal pour la Martinique et Guinée pour la Guadeloupe) et donc aux traditions différentes que ces hommes et femmes ont amené avec eux.

 Base documentaire:

Petite Histoire de la musique antillaise, Michel BEROARD, CRDP des Antilles et de la Guyane, 1997.

Une bonne présentation de la musique et des extraits :

http://www.lameca.org/dossiers/bele/intro.html